Qui cotise à VIVEA et qui peut en bénéficier ?
VIVEA, le Fonds pour la Formation des Entrepreneurs du Vivant, est l'organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) dédié aux non-salariés agricoles. Son périmètre d'intervention est précisément défini par le Code rural : sont éligibles les chefs d'exploitation agricole à titre principal ou secondaire, les cotisants solidaires (exploitants dont l'activité agricole est inférieure au seuil d'assujettissement à la MSA à titre principal) et les collaborateurs d'exploitation non-salariés — c'est-à-dire le conjoint collaborateur et les aides familiaux qui participent à l'activité sans percevoir de salaire.
Le financement de VIVEA repose sur une cotisation obligatoire collectée par la MSA (Mutualité Sociale Agricole) lors du paiement des cotisations sociales. Son taux est fixé chaque année par les partenaires sociaux agricoles. En 2026, cette cotisation représente un montant annuel modeste — de l'ordre de quelques dizaines d'euros selon le statut — mais qui ouvre des droits à la formation bien supérieurs à ce qui a été versé.
C'est l'un des avantages méconnus du dispositif : VIVEA fonctionne sur le principe de la mutualisation. Les cotisations de l'ensemble des agriculteurs constituent un pot commun, ce qui permet à chaque bénéficiaire d'accéder à des formations dont le coût dépasse largement sa propre cotisation individuelle.
Quelles formations finance VIVEA ?
VIVEA finance exclusivement des formations à visée professionnelle, en lien avec l'activité agricole ou la gestion de l'exploitation. Le catalogue est large et évolue chaque année en fonction des orientations stratégiques définies par les organisations professionnelles agricoles représentées au conseil d'administration du fonds.
Les thématiques prioritaires 2026
Pour 2026, VIVEA a défini plusieurs axes thématiques prioritaires qui bénéficient d'une prise en charge renforcée :
- Agroécologie et transition environnementale : pratiques culturales durables, gestion de l'eau, réduction des intrants, agroforesterie, biodiversité ;
- Gestion économique et financière de l'exploitation : lecture de bilan, gestion de trésorerie, prévisionnel, fiscalité agricole ;
- Numérique agricole : outils de gestion d'exploitation, agriculture de précision, drones, capteurs connectés ;
- Certifications phytosanitaires : Certiphyto, Certiphyto conseil — formations réglementairement obligatoires pour l'utilisation ou la vente de produits phytopharmaceutiques ;
- Bien-être animal : formations relatives aux nouvelles normes et pratiques d'élevage ;
- Sécurité au travail : prévention des risques professionnels en milieu agricole.
Les formations hors thématiques prioritaires restent éligibles mais peuvent faire l'objet d'une prise en charge moins favorable ou être soumises à disponibilité de l'enveloppe budgétaire régionale.
Formations certifiantes et diplômantes
VIVEA prend également en charge des parcours de formation plus longs aboutissant à une certification professionnelle inscrite au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) ou à un certificat de qualification professionnelle (CQP) agricole. C'est notamment le cas pour :
- Les modules de la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) dans les filières agricoles ;
- Les formations menant au Brevet Professionnel Responsable d'Exploitation Agricole (BPREA) ;
- Les Certificats de Spécialisation agricoles ;
- Certaines licences professionnelles en partenariat avec des établissements d'enseignement agricole.
Pour ces formations longues, un cofinancement avec le CPF ou avec d'autres dispositifs publics est fréquemment nécessaire et possible.
Comment connaître et utiliser ses droits VIVEA ?
Contrairement au CPF, dont les droits sont visibles directement sur le site moncompteformation.gouv.fr, les droits VIVEA ne sont pas consultables via une application grand public. Les démarches passent par les délégations régionales de VIVEA et par les organismes de formation agréés.
Consulter son solde
Pour connaître l'état de vos droits VIVEA, plusieurs canaux sont à votre disposition :
- Le site vivea.fr propose un espace en ligne permettant aux bénéficiaires de consulter leurs droits et l'historique de leurs formations financées ;
- La délégation régionale VIVEA de votre zone géographique peut vous renseigner directement sur votre situation, notamment si vous avez des difficultés à accéder à l'espace en ligne ;
- La chambre d'agriculture de votre département dispose souvent d'un référent formation qui peut vous accompagner dans vos démarches et vous informer sur les enveloppes disponibles localement.
Il est recommandé de vérifier vos droits en début d'année, avant de vous engager dans un projet de formation, afin d'adapter votre plan de financement en conséquence.
Déposer une demande de prise en charge
La procédure de demande de prise en charge VIVEA doit obligatoirement être réalisée avant le début de la formation. Une demande déposée après le démarrage de la formation sera systématiquement refusée. Voici les étapes clés :
- Identifier la formation souhaitée auprès d'un organisme de formation référencé par VIVEA (liste disponible sur vivea.fr) ;
- Vérifier l'éligibilité de la formation au financement VIVEA avec l'organisme de formation ou directement auprès de la délégation régionale ;
- Remplir le formulaire de demande de prise en charge VIVEA, disponible en ligne ou auprès de la délégation régionale ;
- Joindre les justificatifs requis : attestation MSA, devis de l'organisme de formation, programme détaillé ;
- Attendre la notification de prise en charge avant de s'inscrire définitivement à la formation.
Vérifiez vos droits VIVEA avec un conseiller
Gratuit · Sans engagement · Rappel sous 24h ouvrées
Rappel sous 24h ouvrées — aucun engagement
Montants et plafonds de financement
VIVEA peut prendre en charge jusqu'à 100 % du coût pédagogique d'une formation, dans la limite des plafonds tarifaires fixés annuellement par le fonds. Ces plafonds sont exprimés en coût horaire et varient selon la nature de la formation et le statut du bénéficiaire.
En 2026, les taux horaires de référence se situent généralement entre 25 et 45 euros de l'heure selon les thématiques. Les formations relevant des axes prioritaires peuvent bénéficier de taux de prise en charge majorés. Si le coût réel de la formation dépasse le plafond VIVEA, le reliquat reste à la charge du bénéficiaire ou peut être couvert par un autre dispositif de financement.
Une spécificité importante de VIVEA est la possibilité de bénéficier d'une indemnisation compensatrice de perte de revenus (ICPR). Cette aide, dont le montant est forfaitaire et fixé par délibération du conseil d'administration, compense partiellement l'absence de l'exploitant sur son exploitation pendant les heures de formation. En 2026, elle s'établit aux alentours de 14 à 18 euros par heure de formation, dans la limite d'un plafond annuel.
Les enveloppes de financement sont gérées au niveau régional et peuvent varier d'une délégation à l'autre. Il est donc possible que certaines formations prioritaires au niveau national soient financées différemment selon votre région, en fonction des orientations locales et des disponibilités budgétaires.
VIVEA et CPF : peut-on cumuler les deux ?
Oui, le cumul entre VIVEA et le Compte Personnel de Formation (CPF) est non seulement possible mais souvent conseillé, notamment pour les formations longues ou certifiantes dont le coût dépasse les plafonds VIVEA seuls.
Ce montage fonctionne de la manière suivante : VIVEA prend en charge les coûts pédagogiques dans la limite de ses plafonds tarifaires, et le CPF complète le financement pour le solde restant. Les deux dispositifs financent ainsi conjointement une même formation, ce qui permet d'accéder à des parcours plus ambitieux sans reste à charge pour le bénéficiaire.
Pour mettre en place ce cofinancement, l'organisme de formation doit être référencé à la fois sur la plateforme VIVEA et sur Mon Compte Formation. La formation doit également être éligible aux deux dispositifs. En pratique, les organismes spécialisés dans la formation agricole proposent souvent des parcours montés sur ce modèle et accompagnent leurs stagiaires dans les démarches administratives.
Il est à noter que le CPF est alimenté en euros pour les non-salariés qui en bénéficient au titre de leur statut d'autoentrepreneur ou d'une activité salariée antérieure. Les chefs d'exploitation à titre exclusif ne cotisent pas au CPF via leur activité agricole, mais peuvent avoir des droits CPF acquis lors de périodes salariées antérieures.
Que faire si votre solde VIVEA est insuffisant ?
Plusieurs situations peuvent conduire à un solde VIVEA insuffisant : enveloppe régionale épuisée en cours d'année, formation dont le coût dépasse les plafonds, ou droits déjà consommés lors de formations précédentes. Dans ces cas, plusieurs leviers complémentaires méritent d'être explorés.
Le CPF est le premier recours naturel, notamment si vous avez des droits accumulés lors d'une période salariée antérieure. Le cofinancement VIVEA + CPF est le montage le plus fréquemment utilisé pour les formations certifiantes longues.
Les aides régionales constituent une autre piste sérieuse. De nombreuses régions disposent de programmes de soutien à la formation des agriculteurs, parfois en complémentarité directe avec VIVEA. Les conseils régionaux et les directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) publient chaque année les appels à projets et les aides disponibles.
Les organisations professionnelles agricoles — syndicats, coopératives, associations spécialisées — disposent parfois de fonds propres pour financer la formation de leurs adhérents, notamment sur des thématiques techniques spécifiques à leur filière.
France Travail peut également intervenir si vous êtes en situation de reconversion ou de cession d'exploitation, dans le cadre des dispositifs d'accompagnement à la mobilité professionnelle.
Enfin, n'excluez pas la possibilité de fractionner votre projet de formation sur plusieurs exercices budgétaires, afin de bénéficier d'une nouvelle enveloppe VIVEA en début d'année suivante. Cette approche est tout à fait compatible avec certains parcours modulaires qui peuvent s'étaler dans le temps.
Dispositifs concernés par cet article